Face à un article ou un dossier, la première question n'est pas « est-ce vrai ? » mais « comment le sait-on ? ». Une enquête sérieuse expose toujours la chaîne qui relie une affirmation à une preuve. Quand cette chaîne est absente, vous ne lisez pas une enquête : vous lisez une opinion mise en scène.
Une source primaire est le document d'origine : un rapport officiel, une archive, un jeu de données brut, un témoignage direct. Une source secondaire commente la source primaire. Méfiez-vous des chaînes où chacun cite le précédent sans que personne ne montre l'original — c'est ainsi que naissent les rumeurs qui ressemblent à des faits.
Un document a un auteur, une institution, une date, un contexte. Un rapport de 1998 ne dit rien de la situation de 2026. Une note interne n'a pas le statut d'une décision officielle. Identifier précisément ce que l'on a sous les yeux évite 90 % des contresens.
Une information confirmée par plusieurs sources qui ne dépendent pas les unes des autres gagne en solidité. Attention au faux recoupement : dix médias qui reprennent la même dépêche ne font qu'une seule source.
Un fait est vérifiable ; une interprétation est un choix de sens. Les deux sont légitimes, mais ne doivent pas être confondus. Un bon dossier sépare clairement « voici ce qui est établi » de « voici ce que nous en déduisons ».
Notez les références. Une affirmation sans référence consultable n'est pas opposable : elle vous demande de croire, pas de vérifier. C'est précisément la règle que nous appliquons à chaque dossier de la collection : chaque assertion sensible renvoie à sa source.
C'est l'objet même de notre méthode éditoriale — et de chacune de nos enquêtes documentées.
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