La guerre cognitive est un concept doctrinal réel : depuis 2020, des stratèges de l'OTAN proposent de reconnaître la cognition humaine — l'attention, la perception, le jugement — comme un champ de bataille à part entière, un possible sixième domaine opérationnel après la terre, la mer, l'air, l'espace et le cyber. Il ne s'agit pas d'un fantasme de contrôle mental, mais d'un déplacement documenté : l'esprit des populations est désormais nommé comme objectif stratégique. Ce guide expose ce qui est réellement écrit, ce qui reste incertain, et comment se défendre.
Définition. La guerre cognitive désigne l'ensemble des activités visant à influencer, protéger ou perturber la manière dont des individus et des groupes perçoivent, raisonnent et décident. Elle se distingue de la guerre de l'information classique : il ne s'agit plus seulement de contrôler les messages ou les canaux, mais de viser les processus mentaux par lesquels une population traite l'information.
Le texte fondateur est public, et c'est l'essentiel. En 2020, le Commandement allié Transformation de l'OTAN (Allied Command Transformation, ACT), via son Innovation Hub basé à Norfolk en Virginie, a confié à François du Cluzel, ancien officier français responsable du hub, une étude exploratoire de six mois sur la « guerre cognitive ». Le rapport qui en résulte, publié début 2021, est un document d'une quarantaine de pages, accessible au public. Ce n'est ni une fuite ni une rumeur : c'est une production assumée d'un organe de l'OTAN.
Ce rapport définit la guerre cognitive comme une activité visant à influencer, protéger ou perturber la cognition. Il avance une formule devenue emblématique — « le cerveau sera le champ de bataille du XXIe siècle » — et évoque la perspective d'une « militarisation des sciences du cerveau ». Il faut lire ces phrases pour ce qu'elles sont : des affirmations prospectives d'un document exploratoire, destinées à alerter et à stimuler la réflexion stratégique, et non la description d'une capacité déjà opérationnelle et démontrée.
Le même courant propose de reconnaître le domaine cognitif comme sixième domaine opérationnel. Cette élaboration n'est pas restée confidentielle : elle a suscité un débat public, y compris institutionnel. Une question parlementaire au Parlement européen a par exemple porté, en 2022, sur l'idée de « militarisation des sciences du cerveau » évoquée dans les travaux de l'OTAN. Qu'une assemblée élue interroge un concept doctrinal montre que le sujet est sorti des seuls cercles d'état-major.
L'intérêt du concept ne tient pas à une arme secrète qu'il révélerait, mais à un déplacement de regard : il déclare officiellement que l'attention, les croyances et la cohésion d'une société constituent un objectif stratégique en soi. Et ce qui est reconnu comme champ de bataille appelle, logiquement, une réflexion sur sa défense.
FAIT DOCUMENTÉ. La France n'est pas en marge de ce débat, y compris sur le plan doctrinal. En octobre 2023, le Centre de doctrine et d'enseignement du commandement (CDEC) de l'Armée de terre a publié une note de recherche intitulée « La guerre cognitive », qui inscrit explicitement la lutte pour les perceptions dans la pensée militaire française. Le sujet n'est donc pas une importation anglo-saxonne ni une rumeur : il est traité, nommé et encadré par l'institution militaire elle-même.
CORRÉLATION. Le concept a d'ailleurs une paternité en partie française. C'est le chercheur Bernard Claverie, de l'École Nationale Supérieure de Cognitique (Bordeaux), coauteur avec François du Cluzel de l'étude de référence menée sous l'égide de l'OTAN, qui a proposé l'une des définitions les plus citées : la guerre cognitive comme « utilisation des capacités cognitives humaines comme terrain de guerre », visant à altérer non seulement ce que les gens pensent, mais la manière dont ils pensent.
CE QUE ÇA NE PROUVE PAS. Qu'une note de doctrine existe et qu'un concept soit théorisé n'établit pas qu'un programme opérationnel viserait aujourd'hui les citoyens français. Une doctrine décrit un cadre d'analyse et de préparation ; elle ne prouve pas une manœuvre en cours contre sa propre population. Confondre l'existence d'une réflexion militaire avec une opération secrète est précisément le glissement que ce dossier invite à éviter.
La guerre cognitive n'est pas née en 2020 ; la replacer dans son histoire la dégonfle de son aura de nouveauté absolue. Les opérations psychologiques (PSYOP, souvent désignées MISO, Military Information Support Operations, dans le vocabulaire américain) sont une catégorie ancienne et formalisée de l'action militaire : diffuser des informations sélectionnées vers des publics étrangers pour influencer leurs émotions, leurs raisonnements et leurs comportements. La doctrine américaine la codifie noir sur blanc, par exemple dans le manuel de campagne FM 3-53 (2013). Tracts largués, émissions de radio, haut-parleurs sur le front : ces techniques sont documentées tout au long du XXe siècle, des deux guerres mondiales à la guerre froide.
La « guerre de l'information » (information warfare) désigne plus largement l'ensemble des actions visant à obtenir un avantage en contrôlant l'environnement informationnel : protéger ses propres flux, perturber ceux de l'adversaire, façonner les perceptions. Cette notion est entrée dans la doctrine occidentale dès les années 1990, à la faveur de la révolution numérique. La guerre cognitive s'en distingue par son objet : non plus seulement l'information qui circule, mais la machine à traiter l'information qu'est l'esprit humain.
On peut donc lire une continuité, et non une rupture magique. La séquence se résume ainsi :
Cette généalogie a une vertu protectrice : elle rappelle que les sociétés ont survécu à des décennies de propagande organisée, et qu'aucune de ces vagues n'a aboli le libre arbitre, même si toutes ont pesé sur les opinions. Chaque innovation — radio, télévision, internet — a engendré sa panique : on a craint que les masses ne deviennent des automates dociles. Or les sciences sociales ont, à chaque fois, nuancé ces frayeurs : les publics se révèlent plus actifs, plus résistants et plus sélectifs que ne le supposaient les vieilles théories de la « seringue hypodermique ». Ce qui change réellement avec l'ère numérique n'est pas un pouvoir surnaturel, mais une transformation d'échelle et de précision : ciblage par profils, diffusion instantanée, mesure en temps réel, automatisation.
Sur les réseaux sociaux, la rigueur s'impose plus que partout, car c'est le terrain où l'exagération prospère. L'existence d'opérations d'influence coordonnées y est solidement établie : les grandes plateformes publient régulièrement des rapports de retrait de réseaux « inauthentiques coordonnés » — comptes factices agissant de concert pour amplifier des messages —, et des institutions comme le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) documentent désormais, dans des rapports annuels sur la « manipulation de l'information et l'ingérence étrangères » (FIMI), ces campagnes et leurs techniques (faux comptes, trolls rémunérés, automatisation partielle).
La RAND Corporation, centre de recherche travaillant notamment pour des institutions de défense américaines, a produit plusieurs analyses de référence. Son rapport de 2016, The Russian "Firehose of Falsehood" Propaganda Model (Christopher Paul et Miriam Matthews), décrit un modèle de propagande caractérisé par un volume élevé, une diffusion multicanale, une rapidité et une répétition continues, et surtout une absence d'engagement envers la vérité ou même la cohérence. Le nom imagé — « lance à incendie de mensonges » — désigne une saturation : noyer l'espace public sous tant d'affirmations contradictoires que distinguer le vrai devient épuisant.
Le rapport RAND ancre son explication dans la psychologie : la répétition crée un sentiment de familiarité que l'esprit confond avec la véracité ; la multiplicité des sources, même factices, donne l'illusion d'une confirmation indépendante ; et le premier message reçu « ancre » durablement la perception. Ces mécanismes sont documentés en psychologie cognitive ; leur exploitation délibérée à grande échelle est ce que décrit le modèle.
Une honnêteté s'impose ici, souvent escamotée : l'existence d'une campagne ne prouve pas son efficacité. Mesurer l'effet réel d'une opération d'influence sur les opinions, et plus encore sur les comportements comme un vote, est extraordinairement difficile, et la recherche sérieuse reste prudente. Affirmer qu'une campagne « a fait basculer » une élection relève le plus souvent de l'hypothèse non démontrée. Le lecteur honnête distingue trois questions : la campagne a-t-elle existé (souvent : oui) ? visait-elle à influencer (oui, par définition) ? y est-elle parvenue, et dans quelle mesure (le plus souvent : indéterminé) ?
Aucune enquête honnête ne peut éviter l'expression qui revient partout — et qu'il faut précisément désamorcer. La notion de guerre hybride désigne la combinaison, dans un même conflit, de moyens conventionnels et non conventionnels : cyberattaques, opérations d'influence, pressions économiques, forces irrégulières, désinformation. C'est un concept analytique utile et documenté, qui décrit des conflits où la frontière entre guerre et paix devient floue.
En revanche, la fameuse « doctrine Gerasimov » est une attribution contestée, et largement reconnue comme erronée. L'origine en est claire. En 2013, le général russe Valeri Guerassimov publie, dans une revue professionnelle de défense, un article (en traduction) « La valeur de la science dans l'anticipation ». L'analyste britannique Mark Galeotti le commente sur son blog et coiffe son billet du titre accrocheur « la doctrine Gerasimov ». L'expression connaît un succès fulgurant dans le discours occidental.
Or Galeotti lui-même a publiquement désavoué sa formule. Dans un article au titre explicite, I'm Sorry for Creating the 'Gerasimov Doctrine' (Foreign Policy, 2018), il explique que le terme n'était qu'un titre commode, qu'il ne désigne aucune doctrine formelle, et que l'article de Guerassimov décrivait largement ce que l'auteur russe percevait comme une stratégie occidentale, non un plan offensif russe. Il a développé la même analyse dans un article universitaire au titre éloquent, « The mythical 'Gerasimov Doctrine' and the language of threat » (Critical Studies on Security, 2018), qui qualifie la « doctrine Gerasimov » de mythe et souligne la déformation de l'intention originale.
La persistance de cette expression malgré son désaveu par son propre inventeur est, en soi, un cas d'école : une formule simple, frappante et anxiogène se diffuse et s'ancre plus vite qu'une correction nuancée. Le mythe de la « doctrine Gerasimov » est ainsi devenu une démonstration vivante de la manière dont une idée se répand, indépendamment de sa solidité factuelle. La rigueur consiste à distinguer un phénomène observable (la combinaison de moyens variés dans certains conflits) d'une doctrine attestée (un texte officiel qui la prescrirait) : le premier existe, la seconde sous ce nom n'existe pas.
La désinformation se distingue de la simple erreur (misinformation, fausse information diffusée sans intention de nuire) par son caractère délibéré : propager sciemment des contenus faux ou trompeurs pour produire un effet. Cette distinction, désormais standard, importe : toute fausse information n'est pas une arme, et confondre l'erreur honnête avec la manipulation orchestrée brouille l'analyse.
Le modèle du « firehose of falsehood » décrit par la RAND repose sur des biais cognitifs documentés : l'effet de vérité illusoire (une affirmation répétée paraît plus vraie), le poids du premier message reçu, et la fatigue induite par le flot contradictoire. L'objectif d'une telle saturation n'est pas toujours de faire croire une thèse précise : il peut être, plus perversement, d'installer le doute généralisé — « on ne peut plus savoir qui dit vrai » —, état d'esprit qui désengage le citoyen et profite à celui qui sème la confusion. Quand la vérité semble inaccessible, l'inaction devient la réponse par défaut.
D'où une conséquence souvent mal comprise : la défense la plus efficace n'est pas nécessairement de réfuter chaque fausse affirmation une à une — tâche sans fin qui peut même renforcer la familiarité du faux par sa répétition. Elle consiste plutôt à renforcer en amont les capacités de discernement, et à diffuser l'information fiable en premier. C'est précisément ce que recommandait déjà le rapport RAND de 2016 : « inoculer » les publics plutôt que de courir derrière le démenti.
Un champ de bataille reconnu appelle une défense — et celle-ci est largement à la portée de l'individu comme des sociétés. La théorie de l'inoculation, formulée par le psychologue social William McGuire dans les années 1960, repose sur une analogie médicale : de même que l'exposition à une forme atténuée d'un pathogène entraîne le système immunitaire, l'exposition à une forme atténuée d'un argument trompeur, accompagnée de sa réfutation, renforce la résistance à ce type de manipulation. On ne vaccine pas contre un mensonge précis, mais contre une technique.
Cette théorie a connu un renouveau empirique considérable. Les travaux de Sander van der Linden, Jon Roozenbeek et leurs collègues à Cambridge ont testé le prebunking (« pré-bunking », par opposition au debunking tardif) à grande échelle. Des expériences — dont de courtes vidéos diffusées sur des plateformes, publiées notamment dans Science Advances en 2022 — ont montré qu'exposer les gens, à l'avance, aux techniques de désinformation (langage manipulateur, incohérence, faux dilemmes, bouc émissaire, attaques ad hominem) réduit ensuite leur vulnérabilité à ces procédés. L'effet a été observé dans plusieurs contextes.
L'éducation aux médias et à l'information complète ce dispositif. Des programmes développant la vérification des sources, l'identification des intentions d'un message et la distinction entre fait, opinion et propagande sont recommandés par de nombreuses institutions, et plusieurs évaluations en montrent les bénéfices. Ces approches convergent vers un même principe : la défense cognitive efficace est préventive et structurelle, non réactive et individuelle au coup par coup. Concrètement, elle s'appuie sur quelques repères :
Il faut nommer honnêtement les limites de ces défenses, sous peine de vendre une fausse invulnérabilité. L'effet du prebunking n'est pas absolu : il décline avec le temps et appelle des « rappels », comme une vaccination ; il protège mieux contre les techniques explicitement présentées que contre des procédés inédits ; et il ne dispense pas de l'effort de vigilance. De même, l'éducation aux médias ne transforme personne en juge infaillible. Ces outils réduisent une vulnérabilité, ils ne l'annulent pas. Le reconnaître ne les affaiblit pas : cela les rend honnêtes, et donc durables.
Il existe enfin une défense que les rapports doctrinaux nomment rarement : la santé épistémique collective. Une société dont les institutions d'information sont fiables, dont les citoyens partagent des méthodes communes de vérification et dont le débat public conserve des espaces de confiance offre une surface d'attaque bien plus réduite à la saturation et au doute organisé. À l'inverse, une société déjà fracturée, défiante envers toute source, est un terrain idéal pour le « firehose of falsehood ». La défense la plus profonde n'est donc pas un gadget technique, mais l'entretien patient de la confiance et de la rigueur partagée.
Existe-t-il une doctrine française de guerre cognitive ? Oui, au sens doctrinal : en octobre 2023, le CDEC de l'Armée de terre a publié une note de recherche « La guerre cognitive ». Le concept a une paternité en partie française via le chercheur Bernard Claverie, coauteur de l'étude de référence de l'OTAN. Mais doctrine et recherche ne prouvent pas un programme opérationnel visant les citoyens.
La guerre cognitive existe-t-elle vraiment ? Oui, comme concept doctrinal documenté. Depuis 2020, l'OTAN (via son Innovation Hub à Norfolk) en a fait l'objet d'une étude publique, et plusieurs travaux proposent de reconnaître la cognition comme sixième domaine opérationnel. Reconnaître un champ de bataille n'est cependant pas concéder un pouvoir illimité sur les esprits : la doctrine existe, l'omnipotence non.
La guerre cognitive contrôle-t-elle nos esprits ou nos élections ? Non, c'est précisément le fantasme à écarter. Aucune source documentée n'établit un pouvoir surnaturel sur les cerveaux. L'existence d'une opération d'influence ne prouve pas son efficacité, et attribuer à une campagne le « basculement » d'une élection relève le plus souvent de l'hypothèse non démontrée. Le « contrôle mental » total désarme surtout en faisant croire à l'impuissance.
La « doctrine Gerasimov » est-elle réelle ? Non, c'est une attribution contestée et largement reconnue comme erronée. L'expression a été forgée par l'analyste Mark Galeotti à partir d'un article de 2013 du général Guerassimov, puis désavouée publiquement par Galeotti lui-même en 2018, qui rappelle qu'elle ne désigne aucune doctrine formelle. Ses propres travaux académiques la qualifient de mythe.
Comment se défendre concrètement ? Par des gestes documentés et préventifs : remonter aux sources, distinguer le concept de la capacité et l'existence de l'effet, refuser les fausses doctrines, connaître les techniques de manipulation, et s'inoculer par le prebunking et l'éducation aux médias. Le savoir lui-même est ici la première ligne de défense : l'esprit qui sait comment on cherche à l'influencer cesse d'être une cible passive.
Pour aller plus loin, notre mini-enquête La Guerre Cognitive — Doctrine 2026 rassemble ces sources réelles (OTAN, RAND, McGuire, van der Linden), démonte le mythe Gerasimov pièce par pièce et propose six repères de défense cognitive applicables au quotidien.
Oui, comme concept doctrinal documenté. Depuis 2020, l'OTAN (via son Innovation Hub à Norfolk) en a fait l'objet d'une étude publique, et plusieurs travaux proposent de reconnaître la cognition comme sixième domaine opérationnel. Reconnaître un champ de bataille n'est cependant pas concéder un pouvoir illimité sur les esprits : la doctrine existe, l'omnipotence non.
Non, c'est précisément le fantasme à écarter. Aucune source documentée n'établit un pouvoir surnaturel sur les cerveaux. L'existence d'une opération d'influence ne prouve pas son efficacité, et attribuer à une campagne le « basculement » d'une élection relève le plus souvent de l'hypothèse non démontrée. Le « contrôle mental » total désarme surtout en faisant croire à l'impuissance.
Non, c'est une attribution contestée et largement reconnue comme erronée. L'expression a été forgée par l'analyste Mark Galeotti à partir d'un article de 2013 du général Guerassimov, puis désavouée publiquement par Galeotti lui-même en 2018, qui rappelle qu'elle ne désigne aucune doctrine formelle. Ses propres travaux académiques la qualifient de mythe.
Par des gestes documentés et préventifs : remonter aux sources, distinguer le concept de la capacité et l'existence de l'effet, refuser les fausses doctrines, connaître les techniques de manipulation, et s'inoculer par le prebunking et l'éducation aux médias. Le savoir lui-même est ici la première ligne de défense : l'esprit qui sait comment on cherche à l'influencer cesse d'être une cible passive.
Oui, au sens doctrinal : en octobre 2023, le CDEC de l'Armée de terre a publié une note de recherche « La guerre cognitive ». Le concept a une paternité en partie française via le chercheur Bernard Claverie, coauteur de l'étude de référence de l'OTAN. Mais doctrine et recherche ne prouvent pas un programme opérationnel visant les citoyens.
Dossier : Guerre cognitive & neuro-armes
MINI10: La Guerre Cognitive — Doctrine 2026
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